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Mise à Pied Disciplinaire 15 Jours : Durée Maximale Autorisée ?

👤 David
📅 avril 16, 2026
⏱️ 8 min de lecture

Vous faites face à une mise à pied disciplinaire ? Votre employeur a prononcé une sanction de 15 jours et vous doutez de sa légalité ? Vous voulez comprendre la procédure exacte et connaître vos droits ?

Cet article vous donne une réponse claire sur la durée maximale d’une mise à pied disciplinaire, détaille la procédure légale à suivre et explique comment réagir si vous jugez la sanction abusive.

Durée Maximale d’une Mise à Pied : La Réponse Directe

Une mise à pied de 15 jours est-elle légale ?

La réponse dépend d’un seul critère : ce que prévoit le règlement intérieur de votre entreprise. Le Code du travail ne fixe aucune durée maximale pour une mise à pied disciplinaire. C’est le règlement intérieur qui doit obligatoirement fixer cette limite. Si votre entreprise n’a pas de règlement intérieur (moins de 50 salariés), il faut alors consulter votre convention collective. Une mise à pied de 15 jours est donc légale uniquement si elle respecte la durée maximale prévue par ces documents.

Le chiffre de « 15 jours » revient souvent dans les discussions, mais il n’a aucune valeur légale universelle. La durée pourrait être de 3 jours, 5 jours ou plus. L’unique réflexe à avoir est de consulter ces deux documents : le règlement intérieur en priorité, puis la convention collective.

Mise à Pied Disciplinaire vs. Conservatoire : 2 Mesures à Ne Pas Confondre

La confusion entre la mise à pied disciplinaire et la mise à pied conservatoire est fréquente. Pourtant, leurs objectifs et leurs conséquences sont totalement différents. Il est essentiel de bien les distinguer.

La mise à pied disciplinaire est une sanction. Son but est de punir une faute commise par le salarié. Sa durée est fixe et déterminée dès le départ. À la fin de la période, le salarié réintègre son poste.

La mise à pied conservatoire n’est pas une sanction. C’est une mesure d’attente qui permet à l’employeur d’écarter le salarié de l’entreprise le temps de mener une enquête, souvent pour une faute grave. Sa durée est indéterminée et elle débouche presque toujours sur une procédure de licenciement.

Critère Mise à pied disciplinaire Mise à pied conservatoire
Objectif Sanctionner une faute Mesure d’attente (avant sanction)
Nature C’est une sanction Ce n’est pas une sanction
Durée Fixe et limitée (par le règlement intérieur) Indéterminée (jusqu’à la décision finale)
Suite possible Retour au poste de travail Souvent un licenciement pour faute grave ou lourde
Rémunération Non payée (perte de salaire) Payée si la sanction finale n’est pas un licenciement pour faute grave/lourde

Quels Motifs Peuvent Justifier une Mise à Pied Disciplinaire ?

Un employeur ne peut pas prononcer une mise à pied pour n’importe quelle raison. La sanction doit toujours être proportionnée à la faute commise par le salarié. Une erreur mineure ou une simple négligence ne justifie généralement pas une telle mesure.

La mise à pied disciplinaire est réservée aux fautes d’une certaine gravité, mais pas nécessairement une faute grave ou lourde qui mènerait à un licenciement. Les motifs sont souvent définis dans le règlement intérieur ou le contrat de travail.

Voici quelques exemples de fautes pouvant justifier une mise à pied disciplinaire :

  • Des absences injustifiées ou répétées malgré les avertissements.
  • Un acte d’insubordination caractérisé (refus d’exécuter une tâche).
  • Le non-respect des règles de sécurité de l’entreprise.
  • Des propos injurieux envers un collègue ou un supérieur.
  • L’utilisation du matériel de l’entreprise à des fins personnelles sans autorisation.

La Procédure de Mise à Pied Disciplinaire en 3 Étapes Clés

Pour être valable, la mise à pied doit respecter une procédure stricte. Si l’employeur ne suit pas ces étapes, la sanction peut être annulée par le juge. La procédure se déroule en trois temps.

1. La convocation à l’entretien préalable

L’employeur doit d’abord convoquer le salarié à un entretien. Cette convocation doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Elle doit préciser :

  • L’objet de l’entretien (la sanction envisagée).
  • La date, l’heure et le lieu de l’entretien.
  • La possibilité pour le salarié de se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise.

2. Le déroulement de l’entretien

Pendant l’entretien, l’employeur doit exposer les faits reprochés au salarié et expliquer pourquoi il envisage une mise à pied disciplinaire. Le salarié doit ensuite pouvoir présenter ses propres explications et se défendre. L’objectif est d’avoir un échange contradictoire. L’employeur ne peut pas notifier la sanction à la fin de l’entretien ; il doit respecter un délai de réflexion.

3. La notification de la sanction

La décision de l’employeur doit être notifiée au salarié par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette notification ne peut pas intervenir moins de 2 jours ouvrables après l’entretien, ni plus d’un mois après. La lettre doit préciser la nature de la sanction (mise à pied disciplinaire) et sa durée exacte avec les dates de début et de fin.

Conséquences et Droits du Salarié Pendant la Mise à Pied

La mise à pied disciplinaire a des impacts directs sur le contrat de travail et la rémunération du salarié. Il est important de les connaître.

Impact sur le salaire

La conséquence la plus directe est la suspension du contrat de travail pendant toute la durée de la sanction. Cela entraîne une perte de salaire équivalente. Si la mise à pied est de 15 jours, le salarié ne sera pas payé pendant ces 15 jours.

Mise à pied pendant un arrêt maladie

Un salarié ne peut pas être en mise à pied et en arrêt maladie en même temps. Si un arrêt maladie est prescrit avant le début de la sanction, la mise à pied est reportée et prendra effet à la fin de l’arrêt. Si l’arrêt débute pendant la mise à pied, celle-ci n’est pas interrompue.

Impact sur l’ancienneté et les congés payés

La période de mise à pied disciplinaire n’est pas considérée comme du temps de travail effectif. Par conséquent, cette période n’est pas prise en compte pour le calcul de l’ancienneté du salarié. De même, elle n’ouvre pas droit à des congés payés.

Comment Contester une Mise à Pied Disciplinaire Jugée Abusive ?

Si un salarié estime que la mise à pied est injustifiée, disproportionnée ou que la procédure n’a pas été respectée, il dispose de recours. La contestation de la sanction est possible.

La première étape est souvent d’envoyer un courrier recommandé à l’employeur pour expliquer les raisons de la contestation. Si cette démarche amiable n’aboutit pas, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes. Le juge examinera la validité de la sanction sur le fond (le motif est-il réel et sérieux ?) et sur la forme (la procédure a-t-elle été respectée ?).

Que peut décider le juge ? Si le juge estime la sanction abusive, il peut l’annuler. Dans ce cas, l’employeur devra rembourser les jours de salaire retenus. Le juge peut également condamner l’entreprise à verser des dommages et intérêts au salarié pour le préjudice subi.

FAQ – Questions Fréquentes sur la Mise à Pied Disciplinaire

Un employeur peut-il prononcer une mise à pied sans règlement intérieur ?

Non, en principe. La durée maximale de la mise à pied disciplinaire doit être fixée par le règlement intérieur. S’il n’y en a pas, la sanction n’est pas valable, sauf si la convention collective applicable prévoit explicitement une durée maximale.

Peut-on être licencié après une mise à pied disciplinaire pour les mêmes faits ?

Non. C’est le principe « non bis in idem » : un même fait ne peut pas être sanctionné deux fois. Une fois la mise à pied disciplinaire purgée, l’employeur ne peut pas licencier le salarié pour la même faute. En revanche, de nouveaux faits fautifs peuvent bien sûr entraîner une nouvelle sanction, potentiellement un licenciement.

Qu’en est-il pour un salarié protégé ?

La procédure est plus complexe pour un salarié protégé (délégué du personnel, membre du CSE…). Une mise à pied disciplinaire ne peut lui être imposée. L’employeur doit obtenir son accord. S’il refuse, l’employeur doit opter pour une autre sanction ou, si la faute est grave, engager une procédure de licenciement qui nécessitera l’autorisation de l’inspecteur du travail.

David

David

Passionné de formations en ligne et d'entrepreneuriat digital, je vous partage les meilleures stratégies pour développer vos compétences et réussir dans le e-commerce. Mon objectif : vous accompagner vers le succès avec des conseils pratiques et éprouvés.

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